Brico leurre

© Romain Collomb - 18 avril 2020

Bonjour,

je vous propose un petit article sur la confection de leurres pour faire passer le temps. Je vous l’ai déjà dit je n’ai aucune prétention à me faire passer pour un crafteur. Je vais donc juste vous montrer mon évolution dans le bricolage de leurre puisque ça fait maintenant plus de 10 ans que j’ai commencé.

Tout débute par un petit cadeau pour un de mes anniversaires d’ado. Un opinel.

“Tiens qu’est ce que je vais bien pouvoir me tailler avec ça en plus d’une bonne tranche de gras”

La réponse est vite trouvée, un morceau de bois et me voilà en train de sculpter un petit brocheton. “Mais dis donc, ça pourrait carrément faire un leurre cette affaire”. Voilà comment depuis ce jour je me suis passionné également dans la confection de leurres maison.

Le voici le voilà le tout premier:

A l’époque, je n’ai pas de matos. Mais en bon savoyard, je me dis que l’opinel fera largement l’affaire. Pour le bois je récupère les cagettes de mandarine que je colle entre elles pour faire un peu d’épaisseur. Je dessine la forme de mon leurre et la dégrossis au couteau. Pour les attaches j’ai récupéré du fil acier de jardinage et pour la bavette une séparation en plastique de boite de leurre. Je sépare le leurre en deux pour mettre mon fil acier et ma chevrotine (plus jamais je ne ferai ça aujourd’hui!). Il ne reste plus qu’à peindre. Plus jeune je faisais des maquettes. La peinture qu’il me reste fait l’affaire. Un coup de vernis à ongle et le tour est joué.

“Ah c’est sûr, c’est pas du top boulot, mais à l’époque on ne trouvait encore pas grand chose sur internet, encore fallait-il avoir une bonne connexion, et la mode du craft était encore loin il y a 10-12ans”

Bref, tout est sorti de ma tête et avec le peu de matériel que j’avais à dispo j’étais satisfait. Il a quand même fallu passer à la phase de test. Puis lorsque vous vous faites atteler sur votre premier leurre maison lors de son premier test bin vous êtes comme un dingue et contaminé par le bricolage de leurre.

Je me souviens tellement de ce brochet. Je sais même qu’il faisait 57 cm, qu’il a attaqué juste derrière une barrière de nénuphars, que j’ai mis le pied dans l’eau pour le choper. Les souvenirs sont intacts et ce parce que je l’ai attrapé avec mon tout premier leurre fait main.

Par la suite j’ai remis ça rapidement en confectionnant toujours de la même façon mes petits leurres, mais en cherchant à faire des leurres à truite.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques ratés, des leurres mal équilibrés, des bavettes qui se décollent ou qui cassent, une peinture approximative au pinceau. Les débuts sont difficiles et plus que brouillons, mais à l’époque je ne m’en rends pas tellement compte puisque je n’ai pas de comparaison si ce n’est les leurres du commerce.

Mais un an après la création de mes premiers leurres, je découvre sur internet, les premiers crafteurs français et là c’est la claque.

“Ah ouais, donc là c’est carrément un autre niveau, et donc faire ses propres leurres, ça s’appelle du Craft “.

Vous vous en doutez bien, admiratif devant de telles réalisations et sûrement légèrement piqué dans mon orgueil, je commence à me renseigner sur du matos à investir. Ne serait-ce déjà que pour façonner la forme du leurre. Je demande conseil à mon grand-père qui travaille le bois. ” Il te faut une scie à chantourner, tiens je te donne la mienne. Pour les bavettes j’ai également de la colle bi-composant”.

La révélation, là où je mettais une heure ou deux à dégrossir la forme d’un leurre avant, maintenant 10 min me suffisent. A mon tour je me lance dans des vidéos, à mon tour j’ai envie de montrer de quoi je suis capable. Bien sûr je suis encore loin des “spécialistes”, je ne respecte pas toutes les étapes ou les codes du moment mais je fais comme bon me semble avec les moyens du bord et cela me permet d’échanger avec pas mal de monde via les commentaires Youtube et c’est super intéressant. Faut dire que ça fait rêver lorsque des personnes te posent des questions. Je crois que le besoin de reconnaissance est important à cet âge-là.

Puis les envies évoluent, je tente alors des idées farfelues, des canetons, des souris et je m’attaque aussi à plus gros comme des swimbaits en postant de temps en temps des vidéos sur Youtube. Je dessine quasiment l’ensemble de mes leurres, les arrange, les modifie pour pouvoir les refaire plus tard. En entrant dans la vie active, j’ai plus de moyens et investis davantage dans du matériel (aérographe, résine…) les leurres sont alors de mieux en mieux finis…

 

 

 

 

 

 

 

Quand j’ai peaufiné un leurre et qu’il me semble “abouti” même si ce n’est jamais le cas, je pense à d’autres idées et m’inspire de ce qui m’entoure. La vision d’une grenouille voulant attraper une libellule au bord d’un étang ou la lecture d’un article qu’Alexis a partagé sur les bass aux USA qui attaquent les petits caïmans en surface, tout est source d’inspiration.

 

Mais je cherche aussi à faire des leurres plus gros. Je pense qu’un bon gros swimbait bien lourd serait parfait pour nos lacs alpins. Il n’en existe que très peu dans le commerce et faire un leurre en fonction de là où je pêche est quand même une finalité. Je me lance alors dans la confection de swimbait. .

Avec le nouveau matos on progresse peu à peu…

 

 

 

 

 

 

 

je continue les petits leurres à truite aussi

 

Puis viens l’heure de pêcher avec ses créations. Tu es concentré plus que jamais et la sensation à la touche est tellement démultipliée.

“Mon leurre va t-il tenir? il ne faut pas que je le décroche, j’en été sûr qu’il allait marcher”

Toutes ses émotions que l’on peut ressentir en même temps. C’est ce qui me fait à chaque fois commencer un nouveau leurre. Imaginer sa nage, pour quel endroit je fais celui-ci, comment je veux le faire évoluer, de quelle couleur il plaira le plus?

Puis voir finir un leurre abîmé et rongé par les dents des brocs procure une sensation grandiose même si le leurre est parfois foutu. C’est un aboutissement total.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne vais pas partager ici des photos avec des poissons et mes leurres dans la gueule. Je suis tellement heureux et même fier (je l’avoue) qu’à chaque fois que j’en ai pris un avec une de mes réalisations j’ai de suite fait un article. Donc je vous invite à relire les anciens articles si vous voulez voir les poissons (des records même) qui ont succombé à mes petits morceaux de bois.

 

Enfin pour terminer cet article je conclus en remarquant que j’ai progressé, lentement, doucement, achat par achat, économie par économie. Aujourd’hui avec l’arrivée des imprimante 3D , il est très facile d’avoir une forme de leurre parfaite et à son image. Mais je ne suis pas le moins du monde attiré par cet outil. Sûrement que le travail au préalable sur logiciel est aussi long et éprouvant que sculpter son morceau de bois, mais j’ai besoin de sentir ce bois sous ma lame, de le toucher, le dégrossir, de me tromper, pour ensuite réfléchir à comment rattraper ça. Je n’investirai pas dans une imprimante, car ce qui me plait le plus c’est façonner le bois…

A plus…

  • Esteban Poulain says:

    Salut Romain, c’est avec grand plaisir que je lis ton superbe article.
    T’es création sont juste magnifique !
    Ca me donne de plus en plus envie même si je suis sur de ne pas avoir le même niveau que toi et loin de la sa me donne vraiment envie de poursuivre.
    Un grand merci pour ce superbe articles.
    Bonne journée
    Esteban

  • Gallucci Bruno says:

    Génial !
    Tu m’a fait rêver et je t’ai même vu façonner
    tes leurres en te lisant…
    Ça donne vraiment envie !!!
    Bonne continuation, et à bientôt.
    Bruno.

  • collomb père says:

    Du très beau boulot, comm d’hab, fils,
    pourquoi pas une grande planche en contre-plaqué avec tous les leurres en photo sur ta terrasse pour ton site comme pour le FAMILEO?