Il est reviendu !

© Julien Tranchino - 18 juin 2020

BREAKING NEWS ! Il est de retour après une absence estimée à deux siècles et quatre jours !

Retrouvez l’interview de son retour ici même en exclusivité pour le blog Annecy Pêche :

“Bonjour, dites-nous tout, pourquoi êtes-vous resté sans nouvelle depuis tout ce temps ?

– Bonjour, cette absence s’explique par [argument censuré pour cause de crédibilité douteuse].”

Cette partie de l’article est participative : insérez un argument à la place de celui ci-dessus, il sera de toute façon toujours meilleur que l’original.

Il était temps de réécrire. Bon ça va, je me souvenais encore de mes identifiants. Dernier article il y a bientôt deux ans. Que s’est-il passé entre temps ? Niveau pêche, pas grand chose. Pour faire simple, mon nombre de sorties truite en 2019 se compte sur les doigts d’une seule main et même une seule main bien bien accidentée. Déjà que sur mon dernier article je vous expliquais en préambule que mon matériel s’accommodait de la poussière, imaginez bien la surprise des archéologues quand ils ont redécouvert mes cannes lors de fouilles.

Je vais cependant faire une rétrospectives de mes sorties en 2019 : nous sommes, pour changer, dans la Menoge, avec Julien, au niveau du haut du parcours mouche pour un coup du soir. Une sortie qui se sera soldée pour 2 truites pour Julien et 2 truites pour moi. Les autres sorties ? Quelles autres sorties ? Quand je vous disais que ma saison 2019 était passionnante…

 

Admirez ce regard fier !

Cette année je me suis dit que j’allais pêcher plus (moins étant extrêmement difficile) et le destin a décidé de m’aider… ou pas. C’est donc ainsi que j’ai refait quelques achats en février pour finir confiné à 700 km de mon matos. Cela ne m’a pas empêché de pêcher loin de là.

On passera sur le fait qu’il fait nuit et que c’était pendant le confinement.

Oui ça compte… presque

Nous voici en juin et me voici de retour. Quelques jours pour me réacclimater (et surtout attendre que la pluie cesse et que le soleil revienne) et enfin une bonne journée se profile à l’horizon. Je prends mes affaires, mes mouches (ou plutôt ce que je retrouve) et je décide d’aller voir si la Menoge se souvient de ma tête. Je pars donc ce lundi 15 pour un petit après-midi tranquille…

Ce pont et cette portion vous dit quelque chose ? Promis des fois je vais ailleurs.

Oui allo ? Ah, il faut que je sois à 16h chez toi ? Mais il est déjà 14h30…

Bon… de toute façon je ne vais pas faire demi tour alors que je suis presqu’arrivé. Plus qu’une solution : le nymphe express ! Pour les quelques personnes (à vrai dire la majorité d’entre vous au vu de vos mines d’incompréhension) je vais expliquer de nouveau : quand on n’a pas le temps n’est pas de notre côté, on prend une nymphe (si possible ressemblante à ce qui grouille sous l’eau), et on pêche certains trous, quelques dérives puis changement de poste (si possible en sortant de l’eau à chaque fois histoire de laisser une chances aux personnes qui viendront derrière et d’espacer le plus possible ses spots afin de parcourir un peu plus de distance). C’est pas forcément rentable mais ça évite de faire que deux trous avant de repartir. Je m’élance donc motivé et prêt à faire plier le carbone. Première dérive rien, seconde rien, ce n’est pas grave c’est habituel. j’avance un peu et je recommence. Deuxième dérive et touche. Victoire ! — crie t’il trop vite. Ce n’est pas un monstre mais elle a le mérite de tendre ma ligne (oui, non on repassera pour le pliage de carbone). Allé, elle arrive on sort l’épuisette. Sauf que c’est là que les complications commencent. L’épuisette se décroche du sac mais elle est enroulé autour de ma ceinture et de mon sac. J’essaie de la décoincer mais tout ce que j’arrive à faire c’est de m’emmêler encore plus avec la soie, le sac, l’épuisette et les chaussures (ne me demandez pas comment j’ai fait, j’aurais bien demandé le replay pour comprendre). La truite est là, au dessus du filet de l’épuisette qui lui est collé au fond. Bon, allé décroche toi comme une grande, tu en as assez vu. Je laisse du mou et je suis obligé de secouer le fil car elle n’a pas envie de partir, le spectacle étant trop beau. Me baisser pour la prendre à la main ? Pour se faire il fallait que je fasse tomber le sac dans l’eau et que je lache tout pour démêler les jambes. Truite repartie déçue de ne pouvoir voir la fin, je m’exécute et retrouve enfin la liberté — un comble. C’est reparti. j’avance mais à part une “touche ninja” (pas besoin d’expliquer je pense qu’on a tous été confronté à ça), rien ne vient. Il est déjà 16h, je crois que je vais devoir repartir en courant.

Tant pis on remet ça prochainement. Et ça tombe bien : jeudi 18, l’heure de la revanche a sonné ! Cette fois-ci, on sort en bande ! C’est donc accompagné de Julien et de Thomas que je retourne en Menoge mais cette fois-ci plus en aval.

On commence et au bout de quelques minutes les touches se font sentir… mais pas pour moi. Les poissons sont mordeurs, certains changent cependant d’avis avant de sortir de l’eau. Une touche pour ma part, puis une autre avec un ferrage réussi mais tout ce que j’aperçois de la truite est son ventre lorsqu’elle se décroche en se retournant. Bon…. C’est un peu la merde là… Je sens le capot arriver. Une “petite” ondée passe, mes acolytes sortent leur veste et moi, ah oui je me disais que j’avais oublié quelque chose. Je me réfugie donc sous quelques feuilles de renoué du japon, assis sur une pierre en attendant la fin de la douche. Quelques minutes plus tard le soleil revient et nous repartons. Un peu plus haut, et toujours capot, je me tourne vers Thomas qui me dit que mes dérives sont bonnes mais l’indicateur sur la ligne est trop discret et il faudrait que je tente avec d’autres nymphes. Les changements effectués je recommence. Une dérive, une touche et un bon ferrage plus tard, me voici avec une truite au bout du fil. VICTOIRE ! Elle essaie d’utiliser les différents courants à son avantage. Non non non ne pars pas sans dire bonjour. La distanciation n’étant pas de mise entre humain et truite, je compte bien la prendre en main. Après une minute, c’est chose faite. Deux photos et hop retour aux sources pour notre amie. On continue encore un peu puis vient l’heure de rentrer. La remontée hors de la Menoge n’est pas chose forcement aisée à certains endroits au vue de la pierre sous mon pied qui décide d’inverser les rôles. Un peu d’aide ne serait pas de refus… ah non Julien en profite pour faire une dernière dérive. Traitre ! Tant pis, je vais tenter de sortir plus haut… ma cheville n’a plus trop envie de m’aider. Décidément, quand ça veut pas ça veut pas ! On finit par remonter et on rentre à la voiture. Une bonne journée en fin de compte ça m’avait bel et bien manqué !

Première truite pour Ju

Pendant ce temps… oui il ne faut pas me laisser avec un appareil photo au bord de l’eau.

Deuxième truite pour Ju

Je n’ai pas de meilleure photo de truite pour Thomas, le temps que je sorte l’appareil, elles sont déjà décrochées et reparties.

Troisième truite pour Ju

Elle s’est bien battue, pas besoin d’une truite de 50 pour être heureux

Dernière ligne droite et on rentre.

Hep hep Hep ! vous pensiez que je finirais là dessus ?

Non pas de photo cachée mais une petite conclusion. J’ai délaissé le monde de la pêche ces dernières années mais je ne suis pas resté fermé à ce qui se passait. Toujours inscrit sur les groupes de pêche, je vois passer quand je me connecte aux réseaux sociaux des poissons en photo, des truites, brochets, ombres, féras et bien d’autres et petit à petit j’ai vu que les mentalités ont changé, non pas sur le respect du poisson, mais sur le partage. Je ne parle pas forcément des publications sur ce blog qui se font de plus en plus rares, les raisons sont diverses certes, nous n’avons pas les mêmes agendas qu’avant, pas les mêmes responsabilités et pas les mêmes répartitions de nos temps de libre (même si en fin de compte cela amènera un jour à la suppression de ce blog qui pour certains représente quand même encore beaucoup, ne serait-ce juste au niveau souvenirs — et cela peut arriver bien plus vite qu’on ne le pense). Je veux parler de ce qu’on voit sur le net, haut lieu de discussions et de débats. Qu’est ce qui a changé ? Le partage. Les propositions de sorties sont moins fréquentes. Les récits d’aventures halieutiques qui au paravant étaient partagés et discutés en magasins se font dans des groupes fermés ou avec une visibilité limitée à une partie de ses amis facebookiens. Certains commentaires en dessous ne sont pas non plus forcément agréables à recevoir. Ce qui bien sûr ne donne pas plus envie de partager. Cela se ressent aussi au niveau des photos, et surtout des arrières plans : photoshop semble avoir une nouvelle fonctionnalité. Les explications sont plus ou moins valables. Les spots de pêche ne sont pas privés, les poissons que vous prenez non plus. Lyncher quelqu’un par ce qu’il est allé pêcher dans un coin où nous allons pêcher habituellement n’est pas productif non plus. Nous ne sommes pas dans un concours ni en guerre (sauf contre le Covid, c’est Manu qui l’a dit). Notre milieu donne l’impression de se refermer sur lui-même et nous commençons à perdre une des essences de la pêche sportive : la convivialité. Non je ne suis pas en train d’exagérer les faits. En me mettant en retrait j’ai eu plus de facilité à observer et cela s’accentue. Alors oui vous allez dire que maintenant nous avons des youtubers pour mettre en valeur le sport (et certains étaient même là au CNPL de cette année). Est ce une raison pour ne plus se rencontrer, ne plus découvrir de nouvelles amitiés ? Je ne pense pas. Cela me fait juste penser à ce qui se passe —plus légitimement pour causes de sécurité— en urbex où les spots ne sont pas dévoilés pour protéger ceux qui s’y aventureraient sans précaution et éviter aux non initiés de venir foutre le feu et tout saccager. Mais pendant ou après une sortie, voir quelqu’un d’autre au même endroit conduit la plupart du temps à un bon moment de discussion et de partage. Il nous appartient de faire vivre notre passion, de part nos sorties mais aussi de part aussi nos partages.

Je conclurai sur une autre chose : le poisson trophée n’est pas une question de taille mais de partage.

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