Romain Loste

Challenge Serrières / Sablons #2013

© Romain Loste - 3 novembre 2013

Une fois n’est pas coutume, je me suis inscrit début mai à une petite compétition amicale en Float tube du côté de Serrières (07) / Sablons (38). Organisé par les fédérations de l’Isère et de l’Ardèche, avec le concours des AAPPMA du Péage-de-Roussillon et d’Annonay, cette manifestation était initialement prévue le 2 juin. Mais à la vu des conditions météo de début de saison et des niveaux impressionnant du Rhône, Elle a été repoussée à ce 3 novembre.

Je pars donc la veille d’Annecy, pour faire escale chez l’Homme des bois à Davézieux, histoire de glaner quelques leurres et demander conseil (n’ayant jamais trempé la ligne sur le secteur, je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre). Le Rhône, je le pêche du côté de Seyssel, et avec peu de résultats, il faut bien l’avouer.

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Je profite donc de ces quelques lignes, pour faire un petit coup de PUB sur ce magasin qui vaut le détour.

C’est sous l’enseigne du réseau Concept Propêche, et tenu par Cédric, un pêcheur confirmé peu avare de conseil et animé par la philosophie « no-kill », que vous trouverez un stock impressionnant d’articles de pêches, toutes disciplines confondues. J’ai d’ailleurs plaisir à chacune de mes visites sur la région, d’y faire un saut, ne serais-ce que pour flâner dans les rayons…

Levé à 7h, plus ou moins frais et dispo, je descends d’Annonay pour l’appel des participants, le café et le briefing de M. Philippe Crouzet qui chapeaute l’événement. Une aubaine que la commune de Sérrières nous ai mit à disposition une salle, car ce temps maussade nous oblige à décaler d’une heure le planning des manches. Nous seront une 40aine à palmer aujourd’hui dans ce bras mort du Rhône, et ça promet d’être… épique.

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J’y retrouve quelques têtes connus comme Maxime et Fabien, avec qui j’ai déjà fait une session sur Annecy cet été. Laurent Jauffret que l’on ne présente plus, également partisan du monospace deluxe SARO Ultimate. Et Simon, avec qui j’ai eu l’occasion de faire l’ouverture du bourget cette année.

C’est sur les coups de 9h que s’élance notre essaim de floater. Chacun se place, attendant le signal de départ. J’en profite pour faire un bout de chemin avec le Simon côté aval, et sonder cette eau trouble afin de me faire une idée de ce qui se cache en dessous.

Je n’ai pas vraiment de stratégie de pêche à proprement dite, je commence donc comme à mon habitude sur des shads couleurs clair / flashy, histoire de prendre la température… et là « c’est le drame », sur son 10ème lancé, Simon, non loin, annonce POISSON !! Visiblement ce n’est pas petit, car attelé, il commence à se faire balader. Un silure, aucun doute possible.

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Il mettra une bonne demi-heure pour le décoller, sur une canne medium, un sacré combat. Une fois sur le bateau des commissaires, le verdict tombe : 1m64. Les félicitations s’imposent 🙂

La suite ne donnera pas grand chose et tous mes leurres y passeront. À défaut de tenter la faune locale, Ils prendront l’air et se dégourdiront les caudales… tantôt dur, tantôt souple, bordure – plateaux – pleine eau… rien n’y fait. J’entame donc un brin de causette ici et là avec mes voisins, histoire de se rencontrer et d’échanger. Seul l’heure de midi achèvera la traversée.

Instant ravitaillement, nous nous retrouverons attablé tous ensemble dans la salle du matin, dans une ambiance du tonnerre, à grand renfort de pizzas et de gobelets plastiques. Les discutions font légions et l’on apprend que peu de poissons n’ont été sortis de l’eau. Un ou deux Brochets en fin de session, et des décrochés. Espérons que la suite soit plus fructueuse.

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Pour la reprise de l’après-midi, le soleil nous rejoins enfin, réchauffant un peu l’atmosphère. Je m’oriente ce coup-ci sur l’amont et réitère au poisson nageur les bordures en insistant les postes marqués, dans ce qui semble être un ancien port. Des alevins sautent en éventail, vraisemblablement ça chasse en dessous, mais ça n’a pas l’air gros. Un petit banc de perche probablement… quelle connerie d’avoir posé ma canne light dans le coffre.

Sans franc succès, je décide donc de changer de bord, mais non sans mal. Apparemment les vannes commencent à s’ouvrir plus haut, le courant s’accélère, l’eau bruni encore un peu plus et les débris affluent. De quoi s’initier à cette nouvelle discipline qu’est le « super G inter-tronc floatant », je vous ferai un topo sous peu à ce sujet… ( ou pas 🙂 ).

Enfin bref, me voici en dérive, rive droite, côté Sablons. Décelant au sondeur un haut fond herbeux cerné par deux fosses de 5 à 6m, je me cale sur celle extérieur et reviens à mes fondamentaux, à savoir un Sweep Gun Gunki coloris Féra. Une fois équipé, je me met à ratisser sur le même principe que la traque de la truite au poisson-nageur en rivière. Un lancé à 90° en direction de la berge, après quoi je laisse les flots faire leur travail, bannière plus ou moins détendu. Ce qui me permet de faire évoluer le leurre juste au dessus de l’herbier par la force du courant.

Le soleil se couche, j’enquille un 5ème passage en fin de plateau. Quand soudain ma ligne se tend, je reprends donc contact pour voir si je ne suis pas dans la salade et ressens quelques petits coups de tête. Ferrage immédiat, c’est PENDU !! Le combat me laissera cependant perplexe, ça bouge et ça s’agite par petits écarts, je ne sais pas trop à quoi m’attendre et avec ce voile, aucun moyen d’avoir un visuel. Ce n’est qu’une fois à l’épuisette que je rencontre la bête… un Sandre, le tout premier de ma vie de pêcheur, à la robe noir-vert-bleuté très particulière. Je suis aux anges. Le temps d’une mesure et d’une photo avec les commissaires et le voilà reparti.

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Mais depuis, le courant s’est intensifié, j’ai dérivé d’au moins 200m. J’essaierai malgré tout de retourner sur le poste, histoire de voir si d’autres de ses congénères seraient de sortie. Mais il faut admettre, rames déployées et palmes en mode sprint, je fais du sur place… et à une heure de la fin, je préfère jouer la sécurité et économiser mes forces pour rallier la mise à l’eau.

J’ai fait ma journée, je m’arrime donc à quai, vidé mais heureux. J’exécute encore quelques tentatives en bordures mais la tête ne suit plus. Me rejoignent alors quelques camarades, les cannes se rangent, les discutions se font. Nous voici installés telle une tribune, les pieds dans l’eau, à regarder le match du Rhône.

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Les derniers, partis en direction du seuil aval, remonteront en « tire-float », d’autres à pied par la berge… ça sent la grosse fatigue !! une sacrée promenade tout de même.

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Il est temps de dégonfler les boudins, de charger les voitures, de se retrouver à nouveau en salle pour le classement, et de profiter d’une petite collation avec les restes de midi. Les lots sont étalés sur la table, et n’attendent plus qu’à être distribués. Simon finira 3ème, et obtiendra en plus le prix du plus gros poisson. Quant à moi, ce sera une 6ème place… pas trop mal pour une première 🙂

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Ce fut réellement une superbe expérience, organisée de main de maître. Je ne voyais pas la « compétition » sous cette angle, aussi chaleureuse et conviviale, loin de l’image de rendement ou de performance que j’avais pu m’en faire. J’ai le sentiment qu’en finalité seul les poissons décident et obtiennent le dernier mot, obligeant le pêcheur à s’adapter, à innover, et surtout à espérer cette grande part de chance, imposant à chacun de se remettre humblement en question.

Comptez sur moi pour l’an prochain 😉

  • fabien says:

    tres sympa ton article romain.a bientot sur l’eau

  • jhon says:

    Avec le permis du Rhône et le timbre halieutique je peux pêcher coter serriere sous le pont?

    • Romain Loste Romain Loste says:

      Salut 🙂 le Rhône fait parti du domaine public, donc oui, en théorie tu peux y pêcher sans problème.

Serrières (Ardèche) - Sablons (Isère), concours float tube 2013, pêche d'un Sandre