Romain Loste

Pêcher, c’est aussi militer

© Romain Loste - 15 mars 2014

Assemblée Générale de la Fédération de Pêche de Haute Savoie

En tant que passionné soucieux de son contexte, il m’était logique d’assister aujourd’hui à l’Assemblée générale de la Fédération de Pêche de Haute Savoie. Par simple curiosité pour ce qu’il s’y passe, mais aussi pour aborder ces personnes aux « commandes » qui façonnent ici l’avenir de notre pratique. Mon but n’est pas de vous en faire un résumé, ni d’ouvrir à polémique. Mais j’éprouve néanmoins l’envie d’exposer mon point de vu extérieur et amateur de la chose, et d’en énoncer quelques suggestions.

Être pêcheur aujourd’hui, c’est quoi ?

Au delà des clivages « No-Kill » ou « Préleveur », être pêcheur induit aujourd’hui une part écocitoyenne et militante. En effet, désigné comme première sentinelle des eaux, il n’est plus seulement question de profiter de notre loisir, sans conscience ni réflexion de l’impact humain sur le biotope. Être pêcheur c’est être davantage sensibilisé à la protection du milieu, et plus largement, à ses enjeux environnementaux. Ne plus se contenter de lâchés épisodiques de « poissons bassines » sans qu’il y ai en amont une réelle nécessité. Bref, à mon sens, une pratique plus raisonnée.

D’autant que les investissements financiers qui en découlent, n’en serait que mieux employés autre part. Tel la mise en oeuvre d’études de terrain, plus en phase avec les réalités, et aboutir à des solutions durables (comme la recolonisation de la Menoge et son suivi, suite à la pollution au xylophène de 2010). Ou bien alors dans des événements de promotion percutant, allant de Salons (ce qu’était celui de Fillinges) en passant par l’initiation extra-scolaire des plus jeunes. Des projets que soutiennent la Fédération et certaines de nos AAPPMA. Et c’est dans cette dynamique que nous nous devons d’être, nous la « nouvelle génération », membres actifs à part entière de ces institutions, diplomates et responsable dans nos actes, vecteurs d’éthique et de respect envers notre passion commune, afin de la rendre autant que possible pérenne et accessible.

La communication à plus grande échelle et l’avènement d’une révolution numérique, voilà des ouvertures possibles pour mieux rallier de nouveaux adeptes, valoriser les actions et valeurs entreprises. Tentant par la même de faire frissonner l’image populaire de l’ancien sur son panier d’osier, emblème (plus ou moins fondé) s’il en est de l’immobilisme halieutique. Il suffit de voir les chiffres des permis délivrés par Internet, pour se rendre compte du potentiel. Mais pourquoi ne pas aller encore plus loin, en commissionnant une bureau dédié ? Un comité en charge de la communication et relation interne comme externe, ouvert vers l’évolution des nouveaux supports et usages. Une application mobile pour signaler en direct une pollution, photo à l’appui, par exemple. Une présence sur les réseaux sociaux. Une refonte marketing globale plus homogène et régulière… sortir un peu de ce vase clos par une meilleure visibilité, une meilleure médiatisation.

Dans l’absolu ces actions pourraient, appuyées par le poids économique de nous autres adhérents et touristes de passage, faire prendre conscience au grand publique et instances françaises (juridiques en tête) que nous ne désirons plus être considérés comme le « cadet des soucis ». Nous affligeant de quelques euros symbolique, pour les prises d’otages et asphyxies de nos terrains de jeu. Première ligne consciente de notre façon de consumer l’or bleu et ses ressources. Témoin des excès et rejets, polluant à la fois rivières, économie et population.

« Engagez vous, engagez vous qu’ils disaient »… 😉

  • Charles Aubert Charles says:

    Oui Romain, tout a fait d’accord avec toi.Les moyens actuels de communication que l’on a aujourd’hui permettent de faire circuler des infos et ainsi toucher un maximum de personnes. Cela permet de faire prendre conscience des réalités concernant le milieu aquatique. C’est aux acteurs locaux et donc les pêcheurs avant tout de se mobiliser car c’est bien parce qu’il y a des pêcheurs, qu’il existe une fédération, et non l’inverse. La pêche existait avant que des lois soient écrites.

    Cependant, faut-il rappeler que sans l’appui de la fédé la pêche serait alors du domaine ultra privée et donc hors de prix. Une réalité que beaucoup de pêcheurs semblent oublier. Nous nous retrouvons à nouveau dans le schéma de la politique du pouvoir et la réalité du terrain. Une « guéguerre » qui n’a pas finit d’exister. Certains ayant la tête sous l’eau, la place est libre aux nouvelles idées.
    C’est pourquoi je trouve que Annecy pêche est une très bonne opportunité de faire le lien entre les pêcheurs, les responsables AAPPMA et la fédération.

    Pêcher, comprendre son milieu, adhérer à une association et en comprendre son fonctionnement; c’est avant tout, assurer l’avenir et la liberté de tous pêcheurs et ainsi protéger le milieu aquatique dans lequel ils pratiquent leur passion.

Assemblée Générale de la Fédération de Pêche de Haute Savoie