Romain Loste

Interlacs d’Aiguebelette

© Romain Loste - 18 avril 2015

L’un de mes challenges cette saison, si je puis l’exprimer ainsi, est de me joindre autant que possible aux rencontres inter-AAPPMA de pêche au Corégone, également appelées « Interlacs ».

Initié l’an dernier par Jacky, ces rendez-vous sont autant d’occasions pour échanger et parfaire mes connaissances de la discipline (car mine de rien, discipline il y’a).

Nous sommes quatre à l’aube de ce nouveau périple, sur le parking d’échange de l’autoroute sud d’Annecy. J’y retrouve ainsi mes homologues de l’ALP : Paul, Philippe et son père. Tous trois sont équipés et prêt, en ce petit matin, à prendre la direction d’un lac que je ne connais encore… celui d’Aiguebellette. Les kilomètres filent au rythme des anecdotes et stratégies, nous amenant rapidement jusqu’à Lépin-le-lac, sur le coup de 6h30, au bureau même de l’association gestionnaire. Sortis de l’auto, je constate que le rituel est déjà bien rodé pour la plupart. Comme toujours un chaleureux et copieux café/croissants sur la table de réunion, suivit du briefing et l’assignation des binômes.

Le couperet tombe ainsi pour moi sur un certain « Jo », un accueillant retraité installé aux abords du lac, pour ne pas dire les pieds dans l’eau. Attenant en fond de jardin, c’est d’un pas assuré que nous rejoignons dans l’heure son cabanon d’amarrage, où patiente sagement une longue et étroite barque alu. La météo est à la bruine aujourd’hui, bottes et cirés sont de mise, mais nous avions en parti prévu le coup. Une fois sorti de son petit canal privatif, mon capitaine met les voiles en direction du cirque des deux îlots intérieurs. La quiétude règne en maître, un cadre grandiose où seul le sifflement du moteur électrique trahit notre présences. « l’interdiction des thermiques a du bon ici. »

Jo en pleine action pour Seasons : En pratique N°57

Notre prospection chagrine néanmoins mon hôte. « C’est calme au sondeur, bien trop calme. » En effet les échos y sont disparates, nous obligeant à chiner plus largement nos espoirs, mais sans franc succès. Quelques azimutes plus tard et une conviction moindre, nous décidons de finalement descendre nos plombiers où que faire se peut. « Bizarre, il y’a encore quelques jours, j’ai fais de bonnes pêches ici… »

L’écran indique toujours des vadrouilles épars, se promenant du sol au plafond. Avec mes trains courts de 3 mètres tout juste, ça sent le moulin à brasser : de bas… en haut… et ainsi soit-il. Jo quant à lui anime plus sereinement (mais non sans difficultés) ses 12 mètres de ligne, empoignant de temps à autre son écarteur pour décrocher quelques « sardines » égarées. Me voyant en plein désarroi, ce professeur d’un jour, a l’aimable gentillesse de me tendre l’un de ses trésors. « ça m’embêterai que tu ne prenne rien !! » 🙂

C’est peu avant 11h, que j’enregistrerai enfin ma première touche sur cette imposante gambe. N’ayant que 2 mètres de battement sous l’émerillon, je n’ai pas vraiment le choix, il va me falloir expérimenter la rallonge. Un engin de 6 bonnes longueurs, calé dans l’abdomène, qui m’agrippe et pompe à plusieurs reprises les actions d’un frêle Lavaretus, jusqu’à ce que l’épuisette nous sépare.

 

Article-D.L-Gipall-du-18-04-2015-Aiguebelette

Dauphiné Libéré 18/04 – Gipall Aiguebelette