Romain Loste

Interlacs d’Aix-les-bains

© Romain Loste - 13 septembre 2014

Il suffira d’un signe de Jacky, pour chatouiller une fois de plus les plans de mon week-end :

« ça t’intéresse de participer à l’Interlacs du Bourget samedi ? »

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Alors un Interlacs, quésako ? En somme, c’est un challenge inter-AAPPMA de pêche au corégone (GIPALL). Le précepte simple est basé sur la rencontre et l’échange : chaque membre de l’association hôte prenant à son bord un pêcheur d’une des associations conviées. À ceci près qu’une fois sur l’eau, tous ces pro-gambeurs concourent pour l’étendard de leurs lacs respectifs et capitalisent en ce sens un poids moyen de prises. Autrement dit, ce ne sera pas vraiment « release » aujourd’hui…

Même si le fait de prélever en quantité fait face à mes convictions, je ne me borne pas pour autant à la critique et cherche à appréhender davantage ces rouages plus traditionnels. Et puis après tout, si ça mord, j’aurais là l’occasion pour une fois de contenter un peu les papilles de la famille… Le partage passant aussi parfois par le goût des choses.

Il est 6h quand j’entrevois les phares de Jacky, ma tête encore engourdie par cette courte nuit. Les préparatifs et le montage de nouveaux plombiers, plus long que ceux que j’utilise habituellement en float-tube, ont eu raison du marchand de sable et de ses sollicitations répétés. Mais malgré cette lubie de dernière « mi-nuit-e », je m’étonne d’être encore frais et dispo.

Le temps de charger mes affaires, et nous voilà partis en direction d’Aix-les-bains et du restaurant Skiff Pub, QG de l’événement. L’accueil y est chaleureux et agrémenté d’un petit déjeuné, de quoi patienter de façon conviviale jusqu’à l’arrivé des retardataires et l’assignation des binômes. J’y retrouve ainsi des silhouettes familières tel Romain Genaille (et oui encore un Romain), avec qui j’apprends être en tandem 🙂 et M. Joaquim Torres, en maître de cérémonie

Briefing déballé, il est l’heure d’abandonner « mon maître à ferrer » et de rejoindre le petit port. De là nous embarquerons sur l’un des vaisseaux en location de monsieur « Jojo ». Un Bass boat sans permis équipé confort, avec sondeur couleur, vivier, et moteur électrique à ancrage GPS… Il est clair que je ne suis pas trop mal tombé. D’ailleurs une fois les amarres jetés, nous aurons tôt fait de déceler le passage de quelques troupes de Lavarets… Armé de nos spaghettis, nous voilà parés pour en découdre.

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Positionnés entre deux eaux, ces bancs vont et viennent sur les graphiques du sondeur. Reste maintenant à trouver le pattern de leurs envies. N’ayant pas l’habitude du lac et de peigner de telles hauteurs d’eau, j’opte d’abord pour l’une de mes dernières gambes de 3 mètres, et la laisse descendre au rythme des graduations de tresse… 17, 18, 19, 20… et 23, « pick up !! » La marionnette en place, il est temps de prendre la température.

À l’inverse de mon copilote, je me sers peu de l’écho-sondeur, la suite se tamisant plus au feeling. C’est certes plus complexe pour en apprécier les suivies, les refus, les détails prompts à changer d’approche ou de ligne. Mais au final, j’aime à penser garder l’atout de mes animations : plus fluides, plus naturelles, plus de finesse en somme. Mais cette douceur substantielle contraste avec les touches du jour. Ces dernières s’apparentant davantage à de gros sabots !! Il ne m’aura guère fallu attendre d’ailleurs pour débloquer le compteur et me pendre au jeu de la sonnette.

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Le bal est ouvert, les contacts se suivent et se ressemblent : « Je dois tenir un bout de quelque chose ». Ne souhaitant pas laisser Romain sur le carreau, je lui fait part de mon montage et lui propose de piocher sa petite sœur dans ma courte réserve « si le cœur t’en dit ». Voyant passer quelques poissons de plus à bord, Romain se laissera séduire. J’en profite pour troquer un instant ma canne et faire part à Jacky de mes réussites. Lui non plus n’a pas l’air en reste sur les rives sauvages. Représentant tout deux l’ALP, la compétition s’annonce déjà bien amorcée. Romain prendra rapidement un bon départ, mais le ferrage un peu brusque aura tôt fait de casser un des nœuds. Il y avait là probablement une faiblesse et mes bracons en fluoro 15/°°, bien que plus discret, demande un peu plus de doigté. « Une offrande de plus aux sirènes. »

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La bise se lève et mon capitaine décide de nous rapprocher du bord pour pêcher au fond. Les échos y sont tout aussi dense et envisagent même quelques beaux spécimens. À la première retombé c’est la touche !! Mais le combat diffère des précédents, je pédale calmement pensant à un individu plus petit, mais ce sera en réalité un omble qui viendra rendre visite à l’épuisette.

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La matinée est à présent bien avancer, mais malgré nos espoirs et ascensions répétés, la majorité des nageoires stagne dorénavant au stade juvénile. Quand soudain, décollé d’une vingtaine de centimètres du fond, j’enregistre à nouveau une forte sollicitude. Ferrée, La bête sonde aussitôt pour prendre l’azimute en direction de la poupe. La tresse se dévide à vitesse grand V, plus de doute c’est beau. Je ne cherche pas à comprendre et préfère lâcher la bride, quitte à brûler quelques roulements. 20 mètres plus tard, bannière à 45°, alors que je pensais perdre la joute engagée, la brute se retourne pour faire volte-face « c’est ma veine ». Je tente de maintenir le rythme avec cette torpille, et aboie à Romain de remonter sa ligne pour éviter la ligature. « Je crois que je tiens une vache ». Tanké désormais sous la coque, ce sprint ne lui aura valu qu’un début d’essoufflement. C’est mètres après mètres que je reprendrais le dessus pour l’amener délicatement à l’épuisette, et révéler ainsi un verdict de taille : « le demi-mètre est dépassé !! »

La partie arrivant à son terme, il nous faut maintenant songer à rentrer pour la pesée. Aux vus des captures j’ai bon espoir qu’Annecy figure au classement, mais devant l’étale, il en sera tout autre. En effet, n’étant que deux représentants – compétiteurs, j’apprends que notre moyenne ne peut être comptabilisé. Un brin déçu, je me traque néanmoins de m’être enrichi de cette matinée florissante. C’est ainsi que nous nous attablerons, sans plus de rancune, pour l’ultime coup… de fourchette.

À quand la revanche ?!!

Trophées Interlacs - Bourget 2014

  • jacky jacky says:

    Vainqueurs mais elimines… dura lex, sed lex !

Trophées Interlacs - concours de pêche au Lavaret (Corégone - Féra)