Romain Loste

Gardons la pêche

© Romain Loste - 23 février 2014

Encore un week-end bien chargé et annonciateur d’un report conséquent, qui je l’espère ne vous semblera pas trop indigeste ou fourre tout… bonne lecture 😉

Ce week-end s’annonce dantesque au vue du programme, débutant dés vendredi soir par la présentation de Victor Frossard de l’Université de Besançon, venu exposer sa thèse sur les « Trajectoires écologiques des Lacs d’Annecy et du Bourget au cours des 150 dernières années ». Organisée avec l’aide de l’AAPPMA Annecy lac pêche (ALP), cette conférence (pour faire simple) fait état de l’histoire récente du lac, par l’étude des restes de Chironomes dans la sédimentation. On y entrevoit ainsi les traces du boom démographique des années 30, puis de l’expansion industrielle de 50, toutes deux aux prémisses de la spirale hypoxique (désoxygénation) que vie encore actuellement le lac. Problème persistant malgré les projets d’aménagement et d’épuration entrepris dés les années 60 par le SILA, et qui en font aujourd’hui l’un des « lacs les plus pure d’Europe ». Mais la pureté n’implique pas nécessairement la diversifié des espèces et l’équilibre de biomasse. Une soirée très intéressante et instructive sur l’écosystème de notre terrain de jeu et les enjeux de son avenir… Soirée qui fût également l’occasion de retrouver certains membres du bureau de l’ALP et de faire la connaissance de quelques autres, tels Pierre, René et Jacky.

Après une courte nuit, je reprends la route en direction d’Albertville par la nationale, étant ainsi aux premières loges pour apprécier la vague touristique hivernale sur nos petites routes alpines. A l’heure de l’offensive des vacances de neige, nombreux sont ceux déjà en tenue, à s’arrêter pour casser la croûte aux abords de notre goutte d’azur haut-savoyarde. Il est vrai que le temps est idéal, et passé le château de Duingt, je constate que quelques homologues à canne en profitent également. Investissant le cœur du petit lac tel une flottille militaire, et s’attelle à gamber(ger) ici… L’envie grimpe de sortir et d’étaler le float pour les rejoindre. Mais non, il me faudra m’y résoudre, aujourd’hui j’ai à faire… mon planning est déjà marqué d’une croix : celle du 5ème salon halieutique chapeauté par le Groupement des pêcheurs à la mouche d’Albertville.
Un petit salon axé « mouche », où j’ai eu le grand plaisir de rencontrer l’équipe du club des Farios, de l’APML et de Villargondran, en pleine représentation de montages sur leur stand. De véritables œuvres d’art sur fer forgé… au son d’une ambiance conviviale et chaleureuse.

Club des Farios et APML

Crédit : Thierry CELLIER – Fario Club Pêche Mouche

J’y croiserai également, à quelques encablures, l’équipe du club mouche cran-gevrier 74 avec lesquels je discuterai longuement de nos parcours de pêche communs et l’envie future de m’essayer à la discipline. Mon adhésion à leurs cours de lancé et de montages ne pouvant se faire qu’en septembre… Il va me falloir être patient 🙂

 

Février sur le lac d'Annecy

C’est ainsi, arrivé à ce beau dimanche qui se faisait attendre, que je rejoins Romain pour enfin troquer ma course pour une escapade floatée au creux des Marquisats. Enfin un peu d’eau fraîche et de soleil, je pars serein et m’installe sur les échos de 22m, là où il y’a deux semaines je sortais ma seconde Féra de l’année (immortalisée en fil rouge du dernier épisode de Culture Fish). Mais la signature ne ressemble pas à ces belles… qu’à cela ne tienne, je descends néanmoins la ligne pour voir.

Je me suis équipé light aujourd’hui, voir ultra light : une seule gambe bi-gout en stock, ce qui m’oblige à ne pas sortir une nouvelle couleur toutes les 10 secondes et à focaliser mon attention sur l’animation. Défaut que je cultive malheureusement aussi dans ma traque du brochet (mais je me soigne). Pas de fioriture donc, ça passe ou ça capotte… Heureusement la première touche ne tardera pas, et la réponse non plus. Mon frein se met de suite à chanter à tout-va, je l’augmente donc un peu et entreprends de remonter la bête. Seulement voilà, elle en a décidé autrement et prend un malin plaisir à se placer sous mes palmes, sans me donner l’occasion de l’amener en surface. A chaque prise de contact, mon canin se cintre et sonde avec vigueur. « c’est un chevesnes » me lance Romain, ne perdant rien de ma galère avec sa GoPro. Le combat durera ainsi une dizaine de minutes jouissives, jusqu’à l’inévitable mise à l’épuisette. Se sera finalement un pépère Gardon, en pleine possession de ses moyens, qui prendra place sur mes genoux pour la postérité. Poisson délaissé car non investit du label « noble » ou « sportif »… mais au fond, peut-on encore parler d’aristocratie à l’heure du « release » ?

Gardons à la gambe au lac d'Annecy

L’après-midi filera ainsi. Nous nous expatrierons du côté des bouées de rivage pour retrouver quelques chorégraphies aquatiques au sondeur, ponctuées par quelques prises de perches et gardonneaux. Tous sont unanime et la bouche saturée d’un festin de chiros noir… Sir Corégone – Dame Féra doivent être eux aussi repu et avoir pris un peu le large. Mais nous n’avons plus le temps de courir après, le couché de soleil derrière le Semnoz annonçant la fin de la partie, et le début d’une nouvelle semaine…

  • jacky jacky says:

    Decidement, je me regale avec tes reports… et puis tu as raison, il n’y a pas de noblesse parmi les poissons, ils sont tous les bienvenus !
    Jacky

    • Romain Loste Romain Loste says:

      Merci Jacky 🙂
      J’espère qu’on aura l’occasion de faire une sortie ensemble un de ces jours, et parler un peu pêche pour changer…

    • jacky jacky says:

      Pourquoi pas… je suis un peu euh… surbooke en ce moment, mais d’ici 3 semaines ça devrait aller mieux. Demande mon tel à Pierre et on en reparle.

Gardons à la gambe au lac d'Annecy