Romain Loste

Apprenti gambeur #1

© Romain Loste - 5 avril 2014

Il en va de ces rencontres qui vous marquent, et celle-ci en fait définitivement partie. A plusieurs reprises déjà, j’ai eu le plaisir de croiser Jacky. D’abord brièvement sur l’eau, à l’occasion de l’ouverture de la Féra, puis lors de la conférence chirono-logique où nous avions pris le temps de bavasser un peu.

Jacky C. est un acteur pour le moins connu dans le pays (de savoie, mais pas que). Ancien membre du bureau de l’ALP et compétiteur dans l’âme, il n’a pas son pareil pour cintrer un canin. Et c’est avec grande estime que j’ai reçu et accepté son invitation. Les présentations faites au départ de Saint Jorioz, nous naviguons un brin avant d’engager l’amarrage électronique sur le premier écho venu. Jacky me met de suite dans le bain, car apparemment on est là pour que j’attrape du poisson. Un rite initiatique en somme : « montre moi comment tu pêche, je te dirais qui tu es. »

Jacky Combaz en pleine action de pêche à la gambe

J’ai à peine eu le temps de déplier ma gambe, que ce maître Jedi est déjà attelé à une nageoire et s’affaire à la remonter. La prise de température n’aura pas été longue, et c’est un premier omble qui émergera le long de la coque. Pourtant la pêche est difficile ces temps sur le lac, cette météo plus ou moins clémente, l’ayant aidé à entamer son turn-over. Brassant par la même les habitudes de nos adversaires. « Laisse ta canne et prends la mienne, je vais t’expliquer quelques trucs ». J’obtempère sans plus de question et saisi cet outil de ferrage massif. Il n’y a plus d’excuses qui tiennent, à présent il me faut assimiler au mieux ses conseils et les mettre en pratique.

C’est au fil de nos échanges, que je prends réellement conscience de l’influence du « pattern » apte à cibler une espèce. La technique y est encore plus complexe qu’aux leurres : la couleur, la forme, la taille des nymphes, les hauteurs de potences, les nœuds, le plombage, mais aussi la vitesse, l’observation et par extension la concentration, sont autant de paramètres que le pêcheur se doit de comprendre, pour gager l’échec ou la réussite de sa sortie. Une discipline qui m’attise au fur et à mesure de mes excursions.

Mais revenons à l’eau, dans laquelle les touches expéditives s’enchaînent et focalisent mon attention. Savoir être réactif à la limite du médiumnique. Les préceptes de Jacky et leur mise en pratique m’ouvrent un flot de contacts, et étancheraient pour peu ma soif d’apprendre.

Romain LOSTE et un omble chevalier du lac d'Annecy

Romain LOSTE et un corégone (féra - lavaret) du lac d'Annecy

Romain LOSTE et un omble chevalier du lac d'Annecy

Même si ce n’est pas dans ma première nature de me livrer au rendement. Moi le petit contemplatif romantique. Il faut bien avouer que le touché et la vue répétés de ces locataires écaillés aux robes étincelantes restent pour le moins jouissifs. Mes yeux pétillent tel ceux d’un enfant, un matin de Noël. Merci du cadeau 🙂

Peu de temps-mort donc, mais qui n’entravent en rien nos discutions plus personnelles, une tasse de thé en main : « Et si on parlait pêche, pour changer ». Car de son côté, mon mentor ne reste pas non plus les bras ballants, et met à profit mon exercice pour expérimenter un de ces innombrables trains de nymphes. L’idée étant d’allécher entre deux eaux, les quelques passages sporadiques de féras pas tentées. Et pour le coup, là aussi le ratio semble généreux… un poisson par passage ! En données brutes, ça laisse songeur.

Jacky Combaz et un corégone (féra - lavaret) du lac d'Annecy

C’est bon messieurs dames, vous avez ce que vous vouliez ? Je peux y retourner ?… Encore un énorme Merci, Monsieur Jacky, pour cette fabuleuse journée, et au plaisir de se revoir 😉

Pêche à la gambe sur le lac d'Annecy

Pêche de l'omble chevalier sur le Lac d'annecy