Julien Tranchino

Week-end truité

© Julien Tranchino - 17 mai 2015

Le brochet est sympa à pêcher mais bon, un petit retour sur la truite de temps en temps, pour lui rappeler qu’on pense toujours à elle, ça ne fait pas de mal non plus. C’est sûr les poissons sont moins gros par contre.

J’ai pourtant fait l’ouverture du broc’, comme beaucoup. Léman et Annecy. Le Léman m’a offert quelques petits quand au lac d’Annecy, il m’a permis aussi de sortir un brocheton, mais pas le jour de l’ouverture, là ma journée s’est soldée par une touche suivie d’un lancer de javelot mais sans javelot sous la main j’ai fait avec les moyens du bord : mon leurre suivi de l’intégralité de mon bas de ligne. Un beau record de distance tout de même. Par contre à défaut de prendre du poisson annécien, j’ai quand même eu le droit à un suivi filmé, par contre ce n’est pas un membre de la famille Esox.

Mais revenons à notre sujet. Ce week-end la truite est à l’honneur. Et ça commence par le Foron de Fillinges, comme la dernière fois, mais pas avec la même personne, pas de Chris cette fois-ci, il a été remplacé par Roberto. Histoire de faire dans l’originalité nous y sommes encore allés en ultra léger et au même endroit. Par contre si la nouveauté ne vient pas de nous, elle vient du cours d’eau. Les intempéries passées ont apporté leurs lots de modifications. Certaines gouilles ne sont plus là, d’autres ont apparu, des troncs, pierres, et autres matières arboricoles et minérales ont été disposés çà et là. Pour corser le tout la météo des derniers jours ne nous est pas particulièrement favorable. Petite piqure de rappel : beau et chaud cette semaine avec un pic à plus de 30 degrés jusqu’à mercredi puis 20-22 degrés jeudi et des températures ne dépassant pas les 10 degrés le vendredi avec en prime une bonne pluie ou neige si on se trouve un peu plus haut que les autres. L’air s’est refroidi, l’eau aussi. Je ne m’attends donc pas forcément à de gros poisson, mais voir une petite truite ne me déplaira pas. Maintenant que j’ai posé le décor nous pouvons réellement commencer.

2 Roberto foron

Nous y allons samedi en milieu d’après midi afin de laisser la matinée au soleil pour tenter de réchauffer un peu l’eau. Le niveau est relativement bas. Les lancers s’enchainent sans succès. J’en profite pour tester de nouveaux leurres pour voir leur nage et savoir dans quelles conditions je pourrai les utiliser. En coupant par les bois nous remarquons jusqu’où l’eau est montée, le Foron n’a pas débordé sur la route mais il s’en est donné à coeur joie dans la forêt. Au détour d’une gouille à l’ombre, dans la lumière du rayon de soleil la traversant, je distingue une truite taper sur mon leurre, je ferre mais elle n’est pas piquée. Je tente de nouveau, elle s’abat encore sur mon leurre mais même résultat. Cela me permet de constater qu’il faut que je descende en taille de leurre car c’était une truitelle. Je me tourne vers Roberto pour lui faire part de ma constatation mais avant que je ne puisse sortir le moindre mot j’assiste à l’attaque d’une autre truitelle sur sa cuiller. ferrage manqué. Il digère difficilement la défaite. Nous continuons notre chemin. Le temps passe et plus aucune touche à part une petite piquée par Roberto mais qui, à l’arrivée aux bottes, préfère se décrocher par elle-même. Des traces fraiches de pêcheur sont quand à elles bien présentes aussi bien sur le bord que dans l’eau. Nous persévérons et enfin une belle tape et un ferrage réussi. Je crie « Fish on ! » et j’entends aussitôt un second « Fish on ! », Roberto en tenait aussi une. Mon frein étant très légèrement déserré, et ma chère truite n’étant pas totalement coopérative, j’ai eu le droit à un petit combat. Elle finit par déclarer forfait. Je trempe mon bras dans l’eau pour ne pas la bruler (une truite a une température interne plus faible que la notre, nous mettons donc la main (ou ici le bras) dans l’eau afin de diminuer la différence de chaleur) avant de l’attraper, de décrocher l’hameçon et de prendre deux photos. Je la repose délicatement dans l’eau et la laisse retourner se cacher. Nous continuons encore un peu mais de nouveau plus de touche. Roberto me propose de rebrousser chemin, c’est vrai qu’il commence à se faire un peu tard.

3 truite foron

4 truites foron

« Non ne me mange pas ! » Oui la truite de Roberto a l’air d’avoir un peu peur de la mienne.

Et la Menoge dans l’histoire ? J’y viens. Nouvelle mise en situation : dimanche, les chaleurs remontent, le soleil est bien présent, petit barbecue chez Christophe suivi d’une petite balade digestive le long de la rivière. Le problème avec ce genre de promenade c’est qu’en présence de plusieurs pêcheurs dans le groupe, la balade se transforme rapidement en repérage. Oui repérage, comme si nous parcourions la rivière pour la première fois car comme dit plus haut la météo des premiers jours de ce mois de mai a engendré des débits assez hauts et donc des crues. La Menoge par exemple est montée, au niveau de Bonne, à plus de 90 m3/s à plusieurs reprises au lieu de 2-4 m3/s habituellement. Cela a causé quelques changements : d’anciennes gouilles complètement rebouchées, d’autres ont apparu ou se sont creusées, le lit de la rivière séparé en deux à certains endroits ne forme plus qu’un bloc ou inversement, bref une bonne partie de nos habitudes est à revoir. Le repérage, je veux dire la promenade terminée, certains doivent partir mais pour ceux qui restent, c’est à dire Christophe, Thomas et moi, nous nous dépêchons de nous équiper histoire de faire un coup du soir « rapide ». Nous cannes à mouche en main, on sort les nymphes ! Cela me permet d’inaugurer mes waders, de vrais bijoux ! Nous débutons notre partie de pêche un peu plus bas dans une gouille connue plus calme qu’à l’accoutumé.

Christophe ouvre le bal avec une belle petite truite. Ne voulant pas m’accrocher je lève un peu ma nymphe la sors. C’est là où je vois une truitelle monter à la surface et chercher ma mouche avant de replonger. Je relance donc au même endroit avec la même animation et hop, une pour moi. Nous remontons la rivière et prospectons. Thomas s’exclame « ce n’est pas possible de ne pas en toucher là, une gouille pareille on est obligé d’en faire au moins une ». Je lui explique donc que dans cette partie de la Menoge, encore plus en week end (donc un dimanche soir n’en parlons même pas) il faut se dire que chaque coin où nous pêchons a déjà été prospecté par un autre pêcheur et ce il y a moins de deux heures, voire moins d’une heure. Cela ne nous empêchera pas d’en sortir quelques unes et d’en rater au moins le double. Des petites en général malgré quelques ratés, parfois des belles présumées au ressenti des touches. Chris reçoit un appel, il faut rentrer. C’était une première pour Thomas dans cette partie de la Menoge, je pense qu’il reviendra avec nous.

6 Chris Thomas

7 Thomas moi

8 Thomas truite1

9 Chris truite

10 Thomas truite2

Bonus : petit clin d’oeil à l’article de Jason, nous avons aussi trouvé des traces de pêche « fine ».

11 finesse peche

  • Torf Ynymous Torf Ynymous says:

    Bien joué les gars! Il est vrai que la crue d’il y a quelques semaines a bien modifiée nos rivières…

  • Charles Aubert Charles Aubert says:

    Sympa la sortie, bravo les gars !