Julien Tranchino

Nos hameçons forts de Fiers

© Julien Tranchino - 27 mars 2015

Le pêcheur peut de nouveau accéder à la rivière muni de son éternel attirail. Depuis maintenant bientôt quinze jours, les truites nous attirent le long de nos cours d’eau. Les féras, aussi attrayantes soient elles, ne peuvent rivaliser contre ce phénomène.

L’ouverture en rivière n’est cependant pas toujours synonyme de réussite immédiate. Ce n’est pas ce qui va nous démotiver. Le 14, j’ai débuté dans la Menoge en fin d’après midi accompagné de deux amoureux du salmonidé. Aucune touche. Nous avons continué dans un affluant suivi d’un second plus petit encore. La tension était palpable, le silence régnait. Nous étions concentré mais toujours rien.

Nous avons fini par reprendre nos voitures pour nous rendre dans un ruisseau ne payant pas de mine le long de la route. C’est ici que j’ai fait ma première fario millésime 2015, certes elle était petite mais elle arborait de magnifiques couleurs. Pas de photo à vous transmettre. La gouille dont je l’avais extirpée étant inaccessible à longueur de bras, je l’ai laissée se décrocher juste au dessus de l’eau. Il me faudra m’armer d’un tout petit peu de patience pour voir le bout d’une nageoire plus grande, un soir, encore une fois en Menoge.

Menoge

matin1
Le temps passe mais toujours pas de « vraie sortie »; j’entends par là pouvoir rester au bord de l’eau plus d’une heure et demi. Pour remédier à ce problème je rejoins Cédric et Romain sur Annecy. Nous nous attaquons aujourd’hui au Fier. Je n’ai été qu’une seule fois auparavant dans cette rivière, l’année dernière et nous avions été en dessous de la plaine d’Alex. Les paysages ainsi que la faune aquatique m’avaient conquis.

Je découvre aujourd’hui deux autres coins, bien en aval. Nous divisons notre journée en deux sessions : le matin au toc et l’après midi au leurre. Je rejoins donc mes deux acolytes au point de rendez-vous. Nous descendons en waders et canne en main, direction la rivière. Les abords ne sont pas encore totalement verts mais le coin est sympa. Par contre le chemin est un peu difficile et nous faisons attention quand nous changeons de poste à ne pas glisser ou nous faire mal. Ce n’est pas ce qui nous décourage. Nous faisons dériver nos vers de terre à plusieurs reprises, nous longeons les pierres et autres cachettes à truites mais cela n’est pas très concluant. Nous avons bon avancer et recommencer, rien n’y fait, elles ne sont pas enclins à nous dire bonjour. Arrivés au bout, nous revenons sur nos pas, les épuisettes sèches et avec une petite faim qui commence à se faire sentir.

matin2

apres-midi1
L’après-midi, nous rangeons les affaires pour le toc pour sortir notre attirail pour l’ultra léger et nous reprenons les voitures. Arrivés au bord nous constatons qu’ici le niveau est haut et le débit ne nous donne pas envie de traverser. Qu’à cela ne tienne, nous commencerons par pêcher en aval. Nous lançons en direction de la berge d’en face, les leurres s’animent, parfois s’accrochent, nous prospectons. Cédric est sur du leurre souple, Romain sur du leurre dur en hameçon simple et moi sur mon petit préféré avec qui j’avais eu du succès l’année dernière : mon Squirrel de chez Illex couleur vairon. Quand on vous dit que le pêcheur est sentimental, il suffit qu’un leurre soit efficace une fois pour qu’ils devienne votre préféré ou votre « sauve-bredouille » pour les prochaines sessions dans la même rivière. Mais bon, pour le moment il ne rencontre pas le succès espéré. Serait-ce la suite de notre session matinale ? Et je ne suis pas le seul, les touches ne sont pas au rendez-vous mais les pierres et branches sont quand à elles bien présentes. Ce n’est cependant pas une raison pour rebrousser chemin. Et puis personnellement les abords du Fiers ne sont pas pour me déplaire. Si on ne fait pas de poisson aujourd’hui cela ne nous aura pas empêché de passer une bonne journée.

Nous explorons mais encore en vain. Tout à coup ma ligne se rebelle, ma canne se plie en deux et ceci ne ressemble ni à du minéral ni à du végétal. Une truite s’est emparée de mon leurre et elle n’a pas l’air d’être très coopérative. Le combat commence, il faut que je resserre un peu mon frein sinon elle aura vite le dessus. Elle dispose d’un avantage important : le courant n’est pas une donnée négligeable. Je ne lâche pas prise et j’arrive à la ramener vers nous malgré quelques obstructions de sa part. Un moment d’inquiétude l’espace d’une seconde, non, je ne sens plus le poisson ! Fausse alerte, la truite est encore au bout de ma ligne, elle s’est juste retournée pour nager à contre courant. Je maintiens la tension pour ne pas lui laisser le temps de nous fausser compagnie. Elle est face à moi, je me prépare et décroche mon épuisette mais Romain avait déjà la sienne en main et me propose de répartir le travail, je m’occupe du combat et il se charge de l’épuiseter. J’accepte et lache mon épuisette dans l’eau (ne vous inquiétez pas elle n’ira pas loin, nous restons reliés par son cordon). Je me concentre pour na pas laisser ma prise filer à l’anglaise. Quelques tours de moulinet plus tard et hop, dans le filet ! Elle rentre à peine dans l’épuisette. Elle n’est pas petite, loin de là. Romain la mesure. J’ai égalisé mon record !

truite2

Cela nous redonne espoir. Je réoxygène ma camarade de jeu qui s’empresse de retrouver sa liberté et nous nous remettons à l’œuvre. Malheureusement une malédiction ancestrale me touche au bout de trois lancers. Il a été dit dans des temps anciens que chaque fois que je ferai une belle prise, je sacrifierai mon leurre en remerciement dans les lancers qui suivent. Et ça n’a pas manqué. Je lance mon Squirrel à quelques centimètres de la berge d’en face, dans une petite zone à l’abris du courant. Je commence à le ramener mais celui-ci refuse de venir après 50 cm. J’essaie par tout les moyens de le décrocher mais en vain. Le débit et le niveau de l’eau m’empêchent de traverser pour le récupérer. Je n’ai pas d’autre choix que de le laisser là, à contre cœur. Premier poisson avec mon nouveau moulinet équipé d’un nouveau nylon et première casse en moins de 5 minutes. Cela arrive. Le Super Trout Advance de Varivas, on m’avait dit qu’il était résistant (je suis en 0.19mm), on ne m’avait pas menti. Je tends le nylon et je suis obligé de reculer en tenant ma bobine avec mes deux mains tout en remontant la rivière mais rien ne fait il ne veut pas casser. Je me dis qu’avec un peu de chance, l’hameçon coincé se tordra et je ne perdrai peut être pas mon leurre. Au bout de quelques minutes d’acharnement, la ligne finit par céder. Pas grave, je viendrai le récupérer quand le niveau sera plus bas.

Je rejoins les autres et cherche un nouveau leurre à monter, avec un peu moins de conviction sur son efficacité. Nous continuons de descendre le Fier, en s’accrochant toujours par moment mais en ne rencontrant plus aucun poisson. Notre adrénaline s’affaiblit et nous décidons de retourner aux voitures pour retenter un peu plus loin. Nous arrivons à un endroit calme, le niveau n’a pas l’air de haut à cet endroit. De longs radiers face à nous, on se remet en piste. Cédric change de type de leurre et tente à la cuiller, je tente avec un Jackson légèrement plus petit que feu mon Squirrel, qui sait, il peut plaire. Son petit frère a eu de bons résultats dans des rivières de plus petite envergure. Nous prospectons mais pas de touche. Nous avons encore une fois affaire à des truites exigeantes qui n’apprécient pas nos offrandes. Tant pis. Nous finissons quand même la journée avec de bons souvenirs, de beaux paysages et une belle truite.

apres-midi2

truite1

truite 3

  • Torf Ynymous Torf Ynymous says:

    Bravo Julien, belle prise!!!

  • Corentin Bialais says:

    Les photos sont très belles!

  • Julien Tranchino Julien Tranchino says:

    Merci ^^

  • Julien Tranchino Julien Tranchino says:

    pour les photos il faut remercier aussi Romain et Cédric ^^