Julien Tranchino

Féra bien qui ferrera le dernier !

© Julien Tranchino - 20 février 2015

« Les féras sont de sortie », bon j’avoue que cette phrase est redondante ces temps-ci. N’empèche que je voulais le voir par moi-même et ils n’avaient pas tord, elles étaient bien au rendez-vous.

J’ai été alpagué par cette pratique en aout dernier, comme beaucoup d’autres initié par Romain mais malheureusement aucune n’avait trouver ma brochette de chironomes appétissante. Les quelques sorties qui ont suivi se sont soldées par le même résultat. Le désespoir aurait du s’abattre sur moi mais une petite « tape » avait finalement suffi à me redonner espoir. Le combat, qui avait débuté dans 20 m de profondeur, s’était arrêté à environ 5 m de la surface et dame Féra s’en était retournée à ses occupations en me laissant partagé entre la frustration et le soulagement d’avoir enfin senti quelque chose se débattre au bout de ma ligne.

Mais qu’importe l’infortune de mes débuts, je ne voulais pas abandonner. Il me fallait remédier à tout ça cette année. La semaine précédente, la sortie avait couronné mes chers amis de succès. Une seconde manche programmée pour le 20 février, c’est donc tout naturellement que je me suis empressé de les suivre. La batterie du sondeur chargée, le float-tube dans la voiture, le canin et les plombiers aussi, je suis prêt ! La journée est ensoleillée, le vent léger, la douceur se sent sur le lac à condition d’avoir ajouté ses sous-couches adéquates sous ses waders. L’air est frais mais l’eau est froide.

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Une mer d’huile !

Elle est loin l’ardeur estivale des utilisateurs de wake-board, et ce n’est pas plus mal car nous avons le lac et sa tranquillité rien que pour nous. Mickaël et son pote Mad sont déjà en action à mon arrivée et les deux Romain en train de se préparer. Le temps de tout sortir et de les rejoindre sur l’eau, je reçois un appel de Charles nous souhaitant une bonne pêche et me confiant que les feras étaient au rendez-vous le matin même. Il n’en fallait pas plus pour me motiver d’avantage. Mais rien au sondeur, un calme plat aussi bien à la surface qu’en dessous… en fait pas tout à fait, les coquines sont cachées au fond et tour à tour je vois mes acolytes ferrer. Elles mordent ! Mais sur des chiros de taille 16. Malheureusement cette taille ne fait pas partie de ma panoplie. Quelques fois elles viennent titiller un hameçon en taille 14 mais ce n’est qu’épisodique et pas sur mon plombier. Mais bon, ce n’est pas cela qui va me démotiver. La douceur, le soleil, la tranquillité… Même si elles font les difficiles je profite de mon après-midi.

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Les feras sont de taille respectables, ce qui offre une joie supplémentaire. Faute de canin Mickaël et Mad sont équipés réciproquement d’une canne à mouche et d’une canne à l’ultra léger. Cela ne les empêche pas de ressentir les touches de nos amies aquatiques et d’en remonter certaines. Mais les grands favoris sont les deux Romain. Les plombiers ne ressortent par contre pas tous indemnes. Je finis par récupérer une ligne ayant perdu quelques chiros. Après tout, un seul suffit pour appâter une féra. Et cela tombe bien, il en reste deux sur ce montage. J’en profite pour changer de scion afin d’être un peu plus précis. Mickaël et Mad, attendus ailleurs nous quittent. Nous ne sommes plus que 3. « On ne part pas tant que tu n’en as pas sortie une ! » La pression commencerait-elle à m’atteindre ? Je ferre quelques fois dans le vide. Avais-je seulement eu une touche ou était-ce seulement les vibrations causées par mes mouvements ? Puis soudain une belle tape. Une vraie tape. Ni une ni deux je tire et je resserre légèrement mon frein mais pas trop afin de laisser à cette féra la possibilité de sonder. Ce qu’elle ne fait pas. Elle se débat certes mais ne sonde pas. Je décide donc de la remonter doucement la laissant ainsi dégazer. Elle se cachait dans 38m de fond, il faut lui laisser le temps de s’acclimater à la différence de pression.  Je ne détend pas pour autant ma ligne. La tension est palpable, je ne peux pas la remonter trop rapidement mais je ne peux pas non plus la laisser se décrocher et repartir avant de la voir face à moi. Le temps ralentit et enfin j’aperçois un éclair argenté sous l’eau. Elle est là, à ma portée. J’empoigne mon épuisette et la cueille quand elle atteint la surface.

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Je lui retire son piercing et découvre le second chiro bien planté sur le bord de mon épuisette. Au moins il ne m’embêtera pas. Un petit coup d’oeil sur mon tapis de réception et une exclamation « Eh, elle dépasse les 40 ! », ce qui est une belle taille pour le lac d’Annecy. Je ne m’attendais pas à tant pour mon premier poisson de 2015 ! Première prise de l’année et en même temps première féra. Mon objectif est atteint et avant que le soleil ne disparaisse derrière la montagne. Une dernière tentative infructueuse de la part d’un des deux Romain avant qu’on se dirige tous ensemble vers le bord afin de conclure cette belle journée.

Attends, reviens j’ai pas fini !

 

Quelques photos supplémentaires rien que pour vous et deux petites vidéos : une féra faite par Mad et une autre faite par Romain.

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  • jacky jacky says:

    Cool les videos !
    Jacky

    • Julien Tranchino Julien Tranchino says:

      Merci ^^

      J’essaierai d’en placer d’autres sur certains de mes futurs articles.

Pêche du corégone sur le Lac d'Annecy, en Float-tube