Jason Fossati

Renaitre de ses Sandres

© Jason Fossati - 10 novembre 2016

Ou plutôt de « son sandre » puisque il ne sera question que d’un seul de ces braves carnassiers dans cet article. Et renaissance car ces lignes arrivent 1ans et demi après ma dernière publication.

C’est en ce 31 aout dernier que j’ai pris le chemin d’une petite gravière, en compagnie de ma copine, pour profiter des derniers beaux jours avant la rentrée au boulot (le soir même).

Mon choix c’était porté sur cette petite gravière car mes précédentes sorties avaient occasionnées à chaque fois plusieurs poissons, notamment au leurre de surface qui est ma technique de prédilection. Nous nous sommes donc mis à l’eau en float tube dans une eau limpide à une température très agréable. Des bancs de sables avec herbiers émergents, des roselières de bordures, une profondeur de 50cm à 8m, des tapis d’herbiers de fonds et des portions de galets, un plan d’eau donc très hétérogène. Et en terme de peuplement je lui connaissait une petite population de brochets, quelques perches et carpes, et une marée noir de poissons-chats.

Dans un premiers temps, c’est au leurre de surface (popper) que j’ai ratissé les bordures sans franc succès. Ma copine n’avait pour sa part, pas beaucoup plus de réussite avec des petits leurres souples, quelques touches de perches ni plus ni moins. Une après midi qui partait donc assez mal, ou du moins très calme, la faute certainement à la chaleur de ce milieu de journée et du soleil omniprésent.

A force d’insister (et surtout d’essayer tout et n’importe quoi au bout de la ligne) c’est mademoiselle qui a sorti le premier poisson de la journée, un mignon petit brochet de 30cm. Puis se sera mon tour avec un brochet à peine plus grand (même si ce n’est pas la taille qui compte on sait bien). Ces deux petits poissons représentent assez bien la taille moyenne de mes précédentes captures sur ce plan d’eau, mais je gardais espoir en me répétant cette phrase légendaire

Quand y a des petit, y a des gros !…

Peut être que quelque chose m’a entendu du fond de l’eau, le fait est qu’un peu plus tard, faute de touche, j’opte pour un lipless très dense, que j’avais trouvé dans un arbre et jamais utilisé… (ça laisse rêveur).

Après 2 ou 3 passages en saccadant le lipless à 1 m du fond… CHATAIGNE !!!  J’annonce un gros poisson, la canne est lourde et le scion plonge sous l’eau à plusieurs reprises, l’eau est tellement cristalline que je vois une belle masse sombre à reflet argenté qui se débat sur le fond. À ce moment je pense toujours combattre un beau brochet de 80cm qui tient bien le fond sans faire de gros départ. Je commence en outre à paniquer car  je n’avais embarqué pour l’après midi que mon épuisette à truite… Après  5 minutes d’une opposition musclée, la bête vient crever la surface entre nos deux float tube, les yeux et les flancs noir comme l’onyx, une mâchoire béante et des crocs proéminents…vision démoniaque ! Vite compensée par le plaisir de voir arriver le premier sandre de ma carrière de pêcheur. Néanmoins je ne sais toujours pas comment l’attraper avec mon épuisette qui fait un peu office de filet à papillon à coté de la bête. Je décide donc de le remorquer jusqu’à la berge pour pouvoir le manipuler plus facilement. Et après encore 5 bonnes minutes de stress intense je me décide à le mettre à l’épuisette puis à l’en sortir pour pas le blesser. Pour moi qui n’avais jamais connu ça : avoir un sandre de plusieurs kilos dans les mains, qui claque des mâchoires, ce fut un sentiment très grisant.

Bon force est de constater que je m’étais un peu emballé sous le coup de l’émotion, mais la bête accuse tout de même 63cm. Premier, et donc record personnel que je ne battrai certainement pas avant bien longtemps.

Après la séance photo, le monstre a regagné sans encombre les profondeurs, car à peine piqué lors du combat. Consécration d’une belle journée de pêche à deux et poisson de l’année pour moi =)