Damien Laugier

Un chouette samedi de juillet

© Damien Laugier - 9 juillet 2016

Ce samedi 9 juillet ne pouvait que m’évoquer cette sortie, il y a quasiment un an jour pour jour, où pour la première fois, après deux combats perdus sur de gros brocs qui avaient décidé de ne pas finir dans l’épuisette, j’avais eu la chance d’enfin prendre un joli brochet métré. Un combat exceptionnel qui restera gravé dans mes mémoires avec un brochet d’1m04 à la clé.

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Depuis, mon approche sur le lac n’était plus exactement la même. Les sorties suivantes, jusque la fermeture en hiver, et y compris mai 2016 auront été plutôt difficiles voir parfois démoralisantes. C’est donc à l’approche de ce début juillet que je commence à retrouver l’espoir de faire une belle sortie. Ce samedi 9 juillet tout est fin prêt, même le réveil à 5h30, qui finalement ne me lèvera pas avant 7h00. Me voilà sur l’eau vers 8h30, mes waders remplacées par le combo short et palmes de plongée, que du bonheur dans une eau à 23°C !

Je me place dans 15 m d’eau et commence à prospecter le cassant face à moi. Quinze minutes se passent que bim je prends une première cartouche, malheureusement ferrée trop tard ! Pas grave les brocs ont l’air de répondre présents. Je continue ma prospection avec d’autant plus d’application dans ma pêche. Une vingtaine de minutes se passent, je continu ma prospection dans de gros herbiers du cassant. Ils me posent même des difficultés pour mon leurre que je dois, comme je le peux, systématiquement dégager par un coup sec de scion. Plusieurs lancers se passent. Et là, dans environ 7m de fond, badabam, le leurre est stoppé net. Au point où, pendant une seconde, je pense être bloqué dans les herbes. Par reflex je ferre sérieusement et me rends alors compte que non ce n’est pas un raccroc. Je prends de gros coups têtes et comprends vite qu’il s’agit d’un gros spécimen ! Avec précautions je tente de le ramener tranquillement vers le float. Il se laisse plutôt bien venir, au point où je commence à relativiser sa taille. Mais là, arrivé à une dizaine de mètre de moi, dans environ 5m d’eau, il part à gauche puis à droite et se met à foncer une première fois dans la cassure en me prenant une dizaine de mètres de tresse. Le scion de la canne dans l’eau, je tente de l’accompagner dans son rush mais je me demande quand va-t-il s’arrêter. Je reprends doucement le dessus et tente de le ramener tranquillement à la surface. Rebelote, je commence à l’apercevoir à quelques mètres sous mes palmes, commence à penser à un monstre de plus d’1m15, qu’il repart avec une énergie incroyable vers la cassure. A nouveau, je l’accompagne comme je peux en attendant qu’il se fatigue et qu’il stoppe sa lancée, puis je fini par le ramener vers la surface. Il n’y restera pas longtemps. Il me prend une dizaine de mètres de tresse. Je ressers légèrement le frein et j’utilise mon pouce pour freiner la bobine de mon moulin casting. A la fin de sa course effrénée je recommence la manœuvre en le ramenant tranquillement. Je prépare l’épuisette mais rien n’y fait, il repart encore dans le cassant et je répète l’opération. Le cœur qui n’en finit pas de battre, je commence à penser que je n’aurai pas raison de son énergie ! Je fini quand même par le stabiliser en surface, à proximité du float, tout en me méfiant des surprises qu’il pourrait encore me réserver. A raison, il me fait une double chandelle incroyable faisant réagir les baigneurs témoins de la scène. Ouai Houlalaa, il repart à nouveau dans la cassure mais cette fois s’arrête au bout de 5 à 6 mètre de course. Il se laisse plus sagement revenir vers moi, je sors l’épuisette, bien sûr trop petite, et avec difficultés je fini par le mettre dedans. J’avais remarqué un kayakiste à une trentaine de mètre. Je lui fais signe, il s’approche et me file un coup de main pour la mesure et pour les photos. Vu le combat et la température de l’eau en surface assez élevée, je me presse sur les manipulations pour qu’il reparte sans soucis. 1m08 au compteur il est costaud. Alain, merci à lui, prends quelques photos. Sur la dernière, le broc, sans demander quoi que ce soit, me lâche des mains et plonge à une allure incroyable rejoindre son milieu. Je suis tellement heureux de le voir encore plein d’entrain après cette aventure. Alain, le kayakiste est tout aussi content que moi, non pêcheur mais impressionné par la bête.

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Bon l’après coup est là, je me sépare d’avec Alain et ne sait même plus si je dois continuer à pêcher. Je fais une petite pause au bord de l’eau avec ce sentiment, à la fois de satisfaction mais aussi d’être complètement vidé. Cela m’a paru tellement long que je prends un peu mon temps puis me décide à repartir sur la même zone.

Au bout d’un quart d’heure, cette fois un brochet de 50 répond présent. Je le sors et le remet de suite à l’eau après une petite photo. Tranquillement je change légèrement de zone et croise Mickael en float tube à qui je raconte mon aventure. En se quittant je fais un lancé et prend une très belle touche que je ferre aussitôt. Avant de l’apercevoir je crois tenir un poisson de plus de 85cm au bout de la ligne. Au final il en fera un peu moins de 70. Merci à Mickael pour la photo ! Là-dessus je continu ma lancée puis débarque vers 13h sous un soleil qui commence à taper très fort. Une bonne baignade dans le lac pour se rafraîchir clôturera cette belle matinée qui m’aura remis beaucoup de baume au cœur et qui annonce de futures belles sorties sur l’un des plus beaux spots de pêche de l’hexagone, le lac d’Annecy !

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