Alexis Liger

Le temps d’un instant #1

© Alexis Liger - 5 juin 2014

Cette ouverture 2014 reste très hétérogène, pour ma part ça a été le cas. J’ai commencé ce début sur le grand lac, coté Annecy, avec très peu de résultats, et pas vraiment intéressant pour vraiment s’y attarder plus que ça. Des poissons peu actifs et certainement déjà « piqués » les quelques jours d’ouvertures où je n’ai pas pu y mettre les pieds. Mes premières sorties en float-tube me rapporteront quelques poissons, mais rien de plus gros que 60cm, ce qui est déjà pas mal en vue des résultats que j’entends par-ci par là.

2012-06-22_17-38-19_890

En ce début de saison, la température de l’eau reste encore relativement froide, 14°c en moyenne. On retrouve toutefois une eau de surface (1 à 2m)  en berge qui reste plus chaude grâce au premiers rayons du soleil, pour une température de 15-16°C au maximum. Le problème sur le grand lac avec ce vent est que cette eau chaude de surface est poussée en direction du petit lac, ce qui fait donc chuter les températures d’un coté, et donc les augmentent de l’autre. On retrouve le même phénomène en méditerrané quand le mistral souffle et amène les eaux froides du large ou du fond en côte. On appel ça « l’effet d’upwelling », certes l’effet n’est pas tout à fait le même en lac, mais on si rapproche fortement.

130808_125437_090618-upwellingmecanisme

Une remise en question rapide et une belle aide du destin me pousseront à pêcher le petit lac. Je connais bien quelques postes, mais une infime partie. Par logique, je décide de prospecter des spots du bord, même si il faut faire le tour du lac dans la journée… La semaine suivante, je profite de quelques heures après le boulot pour prospecter certaines zones que je connaissais déjà sur le petit lac, équipé du « stricte nécessaire toujours présent dans la voiture ». Cela fait quelques jours que le vent Nord-Est souffle fortement sur le grand lac, rendant la pêche difficile. Quelques amorties du petit lac forme des zones de repos évident pour le poisson. La théorie et la pratique reste toutefois très différentes la plupart du temps.

Ne sachant pas vraiment sur quel type de leurre souple les brochets sont plus réceptifs (forte vibration ou faible vibration), je décide donc d’utiliser un leurre qui pour moi à un fort ratio de prise quel que soit le milieu prospecter : le fameux « One up » . Leurre qui prend de tout et partout, même si sa fragilité me rebute a l’utiliser sur le brochet. Je choisi donc un modèle 6″ d’une couleur dont je garderai le plus grand secret car il a toujours fait la différence sur ce lac. Quelques minutes de prospection sur les bordures et je prends le premier « arrêt », puis suivit d’un démarrage en règle, le poisson sonde et passera de 6m à plus de 10m en quelques tirés longues et lourdes : « beau poisson! » Mais l’euphorie ne tardera pas, je le décroche après quelques secondes de combat.

Après ce moment d’adrénaline intense, je pars sur une autre zone proche. Le temps de remonter un « one up » et d’y installer un hameçon chance cette fois-ci. Le poste est intéressant, un beau plateau suivit d’un fort cassant très bien praticable depuis le bord le top ! Il ne faudra qu’un passage pour toucher un premier poisson.

20140515_135532 - Copie

Un premier poisson correct (80+), quand je compare le combat de ce poisson et celui du poisson tapé juste avant, je me dis que je suis passé à coté d’un poisson d’exception. Après avoir insisté sur le poste je toucherai deux autres poissons de taille similaire (77-83), les 3 spécimens avaient encore des stigmates marqués de la fraie. L’un d’entre eux d’ailleurs, je pense, aura du mal à s’en remettre malheureusement. En tout cas ça ne l’a pas empêché d’attaquer.

10447350_283439441829996_1848803433_n

Comme quoi les théories et la pratique étaient plus liées que je n’en pensais. Un peu de réflexion et beaucoup d’instinct m’ont poussé le temps d’un instant à toucher ces beaux poissons du début de saison, à bientôt au bord de l’eau pour la suite, Alex.

Brochet au lac d'Annecy